60 ans de relations Canada–Tunisie : histoire, diplomatie et le rôle de CCSAV dans la Semaine de la diplomatie canadienne 2026

<small>Crédit photos soirée du 8 juin 2026 : Ambassade du Canada en Tunisie, voir aussi Kapitalis.</small>

Le 8 juin 2026 restera une date marquante pour l'amitié tuniso-canadienne. Ce soir-là, à la résidence de l'Ambassade du Canada en Tunisie, Son Excellence Monsieur Alexandre Bilodeau, ambassadeur du Canada en Tunisie, a officiellement lancé la Semaine de la diplomatie canadienne, en présence de Monsieur Habib Abid, ministre tunisien de l'Environnement, et de nombreux représentants institutionnels, diplomatiques et d'affaires. Cette soirée double, réception de la Fête nationale du Canada et inauguration de la Semaine de la diplomatie, célébrait également les 60 ans de l'ouverture de l'Ambassade du Canada à Tunis, la toute première mission diplomatique canadienne au Maghreb.

CCSAV, le Centre Canadien de Services d'Agents Virtuels, division du Groupe Prospecto basé à Victoriaville (Québec), y était officiellement présent. Notre Directrice Générale de CCSAV en Tunisie Jihène Hammami et notre directeur de comptes Elyes Hamila y représentaient l'organisation, à la fois comme entreprise québécoise installée à Tunis et comme partenaire concret du rapprochement économique et humain entre nos deux pays.

Cet article retrace, sources à l'appui, soixante années d'une relation bilatérale méconnue mais profonde : reconnaissance diplomatique en 1957, visite historique du président Habib Bourguiba au Canada en 1968, ouverture du bureau commercial puis de l'ambassade à Tunis, accords de coopération, programmes d'éducation, présence québécoise actuelle. Et il revient en photos sur la soirée du 8 juin 2026, qui marque, pour CCSAV, une étape supplémentaire dans une histoire de famille qui dépasse largement le monde des affaires.

{{image:soiree_fleurs:Composition florale aux couleurs du Canada devant la scène « 60 ans » et l'orchestre symphonique tunisien, Soirée du 8 juin 2026}}

Une soirée historique : Fête du Canada, Semaine de la diplomatie et 60ᵉ anniversaire de l'ambassade

La soirée du 8 juin 2026 cumulait trois temps forts. D'abord, la réception officielle de la Fête nationale du Canada (Canada Day), traditionnellement organisée par chaque ambassade canadienne à travers le monde autour du 1ᵉʳ juillet, mais programmée en juin cette année pour des raisons d'agenda diplomatique et pour s'intégrer à la Semaine de la diplomatie canadienne. Ensuite, le lancement de la Semaine de la diplomatie canadienne en Tunisie, semaine thématique destinée à faire le bilan de la coopération bilatérale et à ouvrir de nouvelles perspectives. Enfin, et c'est probablement le plus émouvant : le 60ᵉ anniversaire de l'ouverture de l'Ambassade du Canada à Tunis, première représentation diplomatique canadienne dans toute la région du Maghreb.

Comme l'a souligné le compte officiel de l'Ambassade du Canada en Tunisie le 9 juin 2026 : « Hier, l'Ambassadeur du Canada en Tunisie, S.E.M Alexandre Bilodeau a eu l'honneur de lancer officiellement la Semaine de la Diplomatie Canadienne, marquant le 60ᵉ anniversaire de l'ouverture de l'ambassade, la première du Canada au Maghreb. Nous adressons nos sincères remerciements à M. Habib Abid, ministre de l'Environnement, pour avoir partagé ce moment avec nous et souligné l'importance des relations tuniso-canadiennes » (Kapitalis, 9 juin 2026).

{{image:ambassadeur:S.E.M. Alexandre Bilodeau, ambassadeur du Canada, aux côtés du ministre tunisien Habib Abid devant le panneau officiel 60 ans de présence, Soirée du 8 juin 2026}}

{{image:ambassadeur_discours:S.E.M. Alexandre Bilodeau, ambassadeur du Canada en Tunisie, prononce son discours d'ouverture aux côtés du ministre tunisien Habib Abid devant le drapeau tunisien}}

{{image:ambassadeur_podium:Allocution officielle au podium « Canada », S.E.M. Alexandre Bilodeau, l'ambassadeur de Tunisie et leurs invités lors de la soirée du 8 juin 2026}}

Petit retour en arrière : la Tunisie indépendante et la naissance d'une amitié (1956-1965)

Pour comprendre la portée de ces 60 ans, il faut revenir à 1956. Le 20 mars 1956, la Tunisie obtient son indépendance après 75 ans de protectorat français. L'année suivante, le 25 juillet 1957, la République est proclamée et Habib Bourguiba en devient le premier président. Le Canada reconnaît la jeune République presque immédiatement et établit des relations diplomatiques avec la Tunisie dès cette période, comme le confirme la fiche pays officielle du gouvernement canadien sur la Tunisie (Affaires mondiales Canada).

Pendant les premières années, les relations sont gérées depuis l'Ambassade du Canada à Paris, accréditée auprès de plusieurs anciennes colonies françaises d'Afrique du Nord. Mais Bourguiba, homme d'État résolument tourné vers l'Occident, défenseur d'un nationalisme modéré et d'une politique étrangère équilibrée pendant la guerre froide, multiplie les ouvertures. Le Canada, de son côté, sort de la doctrine Pearson, du nom de Lester B. Pearson, lauréat du prix Nobel de la paix 1957 pour son rôle dans la résolution de la crise de Suez (1956), puis Premier ministre du Canada (1963-1968), qui prône le multilatéralisme, le maintien de la paix et l'aide au développement.

1965 : l'Ambassade du Canada s'installe à Tunis, la première au Maghreb

En 1965, le Canada franchit un cap : il ouvre une ambassade résidente à Tunis, la première représentation diplomatique canadienne dans tout le Maghreb. Cette décision, sous le gouvernement de Lester B. Pearson, n'est pas anodine : elle place la Tunisie au-dessus de l'Algérie (indépendante depuis 1962) et du Maroc dans la priorité diplomatique canadienne en Afrique du Nord. Plusieurs raisons à cela : la stabilité du régime Bourguiba, son orientation francophone, sa modération diplomatique, et l'existence d'une communauté universitaire et professionnelle francophone qui correspond aux affinités du Canada, et tout particulièrement du Québec.

L'ambassade ne se limite pas à un travail consulaire. Très tôt, elle devient un point d'ancrage pour l'aide canadienne au développement (via ce qui deviendra l'ACDI, Agence canadienne de développement international, aujourd'hui intégrée à Affaires mondiales Canada), pour les programmes de coopération universitaire et pour les premiers échanges commerciaux. Le Canada finance des projets en agriculture, en hydraulique, en formation des enseignants. Les premières bourses d'études amènent des étudiants tunisiens dans les universités canadiennes, notamment au Québec, où la barrière de la langue n'existe pas.

1968 : Bourguiba en visite officielle au Canada, les photos rares

Le grand moment fondateur de la relation Canada-Tunisie reste la visite officielle du président Habib Bourguiba au Canada en mai 1968. Bourguiba est reçu par le nouveau Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, assermenté quelques semaines plus tôt, le 20 avril 1968, et séjourne à Ottawa et à Montréal. Le journal tunisien Webdo a ressorti, dans son article « Bourguiba au Canada : Trois photos rares des années soixante » (Webdo, archives), trois clichés saisissants où l'on voit le « Combattant suprême » dialoguer avec les autorités canadiennes, au tout début de l'ère Trudeau.

Cette visite scelle une dynamique : la Tunisie deviendra l'un des pays africains les plus densément liés au Canada en matière d'aide au développement, de coopération universitaire et de mobilité étudiante. Pour les Québécois en particulier, la Tunisie devient progressivement un partenaire francophone privilégié, comparable, toutes proportions gardées, au rôle qu'a joué le Sénégal pour la France dans la coopération africaine.

Les années 1970-1990 : coopération technique et premiers ponts économiques

Pendant trois décennies, la relation Canada-Tunisie se construit principalement autour de trois piliers :

2008 : l'APIE Canada-Tunisie, un cadre juridique pour l'investissement

Le 3 décembre 2008, le Canada et la Tunisie signent un Accord sur la promotion et la protection des investissements (APIE), un traité bilatéral qui sécurise juridiquement les investissements canadiens en Tunisie et tunisiens au Canada. L'accord entre en vigueur en 2011. Il garantit notamment le traitement national, la nation la plus favorisée, l'indemnisation en cas d'expropriation et le règlement des différends investisseur-État (Affaires mondiales Canada, Accords commerciaux).

C'est ce cadre, complété par la stabilité monétaire tunisienne, le code des investissements de 2017 et le statut d'entreprise non résidente totalement exportatrice (loi 2017-8), qui permet aujourd'hui à des dizaines d'entreprises canadiennes, dont CCSAV, d'opérer en Tunisie en toute sécurité juridique.

2011 et après : la révolution tunisienne et le soutien canadien à la transition démocratique

En janvier 2011, la révolution tunisienne renverse le régime de Zine el-Abidine Ben Ali. C'est le début du « Printemps arabe ». Le Canada se positionne très tôt en soutien de la transition démocratique tunisienne : financement de projets de société civile, soutien à la réforme du secteur de la sécurité, programmes de formation des journalistes, appui à la Constituante. Cette transition aboutira à la Constitution de 2014, longtemps présentée comme un modèle dans la région.

Le rapprochement s'institutionnalise : visites ministérielles régulières, mémorandums d'entente en éducation, en justice, en sécurité. La Tunisie est désignée pays prioritaire pour la coopération canadienne en Afrique du Nord.

La présence canadienne en Tunisie aujourd'hui : entreprises, étudiants, diaspora

En 2026, la présence canadienne en Tunisie est plus visible que jamais. Les échanges commerciaux bilatéraux dépassent largement la centaine de millions de dollars par an, avec une diversification importante depuis 2015 : produits agricoles, équipements industriels, services de conseil, technologies de l'information, agroalimentaire transformé, services financiers. Des entreprises canadiennes du secteur minier, agroalimentaire et des technologies opèrent activement en Tunisie. Inversement, des sociétés tunisiennes exportent au Canada, particulièrement dans l'huile d'olive (la Tunisie est le 4ᵉ producteur mondial), les dattes, les produits de la mer, le textile et les services numériques.

Sur le plan migratoire, les Tunisiens représentent désormais la plus importante communauté maghrébine établie au Québec, après les Marocains et les Algériens. La majorité parle français en arrivant, ce qui leur ouvre directement le marché du travail. Les programmes Mobilité francophone d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) facilitent leur arrivée comme travailleurs qualifiés.

Côté étudiant, plus de 5 000 jeunes Tunisiens sont actuellement inscrits dans les universités canadiennes, Université de Montréal, Université Laval, Université McGill, Université de Sherbrooke, École de technologie supérieure, HEC Montréal, École Polytechnique. Plusieurs conventions de partenariat existent entre les universités tunisiennes et québécoises, et CCSAV en est partenaire pour cinq d'entre elles à travers ses conventions universitaires.

Pourquoi CCSAV s'inscrit dans cette histoire bilatérale

CCSAV, le Centre Canadien de Services d'Agents Virtuels, est une division du Groupe Prospecto, entreprise québécoise fondée à Victoriaville par Jean-Pierre Gagnon. Sa mission : permettre à des PME et cabinets professionnels du Québec, du Canada et de l'Europe francophone de bâtir des équipes dédiées de talents francophones diplômés en Tunisie, avec un statut juridique clair, une infrastructure conforme et un accompagnement humain de A à Z.

Concrètement, CCSAV opère depuis deux sites à Tunis : la Jasmine Tower (Centre Urbain Nord) et le siège social inauguré en octobre 2025 à Mutuelle Ville, sur trois étages, au cœur même de la capitale (voir notre article sur le déménagement à Mutuelle Ville et celui sur la visite de l'ambassadeur Alexandre Bilodeau dans nos locaux le 9 octobre 2025). Le modèle CCSAV illustre concrètement ce que les 60 ans de relations bilatérales rendent possible : une entreprise québécoise qui investit en Tunisie, recrute localement, paie des salaires alignés sur le marché tunisien, contribue à la formation des jeunes diplômés via les conventions universitaires, et permet à des PME francophones d'économiser 40 à 55 % sur leurs coûts opérationnels tout en accédant à des talents bilingues francophone-arabophone, avec souvent une maîtrise solide de l'anglais.

C'est cette double appartenance, québécoise dans son ADN, tunisienne dans son ancrage opérationnel, qui faisait de la présence de CCSAV à la soirée du 8 juin 2026 quelque chose de naturel. CCSAV est, à sa modeste échelle, un produit direct de 60 ans de diplomatie patiente.

La soirée du 8 juin 2026 : récit, photos et témoignages

La résidence de l'Ambassade du Canada à Tunis a accueilli plus de 400 invités : représentants de l'État tunisien, corps diplomatique, dirigeants d'entreprises canadiennes et tunisiennes, universitaires, journalistes, partenaires institutionnels. La soirée se déroulait en plein air, dans les jardins de la résidence, avec une scène d'orchestre symphonique tunisien interprétant des morceaux traditionnels et un répertoire canadien. Au centre du décor : le logo officiel « 60 ans de présence, 60 ans de proximité », en français, en arabe et en anglais.

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CCSAV était représenté par Jihène Hammami, Directrice Générale CCSAV Tunisie, et Elyes Hamila, directeur de comptes, Outsourcing & BPO. Un stand thématique permettait aux invités de découvrir les services de CCSAV et le modèle d'équipes dédiées francophones en Tunisie, dans la continuité directe du partenariat bilatéral.

{{image:jihene_drapeaux:Jihène Hammami, Directrice Générale de CCSAV en Tunisie, devant les drapeaux des provinces et territoires du Canada à la résidence de l'Ambassade}}

{{image:elyes_drapeaux:Elyes Hamila, directeur de comptes Outsourcing & BPO chez CCSAV, devant les drapeaux des dix provinces et trois territoires canadiens}}

Au cours de la soirée, Jihène Hammami a eu l'occasion d'échanger avec plusieurs membres du personnel diplomatique et militaire de l'Ambassade, dont le Sergent Pascal Turcotte, attaché de défense adjoint canadien (Canadian Defence Attaché Assistant), illustrant la diversité des liens entre les deux pays, bien au-delà du seul volet commercial.

{{image:jihene_sergent:Jihène Hammami avec le Sergent Pascal Turcotte, attaché de défense adjoint à l'Ambassade du Canada en Tunisie}}

L'ambiance, à la fois protocolaire et chaleureuse, illustre bien ce qui caractérise la relation tuniso-canadienne : une diplomatie de la proximité, marquée par 60 ans d'absence de contentieux majeurs et par une coopération continue malgré les alternances politiques de part et d'autre.

{{image:jihene_stand:Jihène Hammami au stand thématique de la soirée d'ouverture de la Semaine de la diplomatie canadienne 2026}}

{{image:ambassadeur_galerie:S.E.M. Alexandre Bilodeau présente à un invité la galerie de portraits des anciens ambassadeurs du Canada en Tunisie, 60 ans de diplomatie illustrés}}

Pourquoi cette Semaine de la diplomatie canadienne compte

La Semaine de la diplomatie canadienne (8 au 14 juin 2026) est conçue comme un temps de bilan et de projection. Elle s'articule autour de plusieurs thématiques annoncées par l'Ambassade : égalité de genre et inclusion, transition écologique (d'où la présence du ministre de l'Environnement Habib Abid), éducation et mobilité étudiante, commerce et investissement, droits humains et État de droit. C'est aussi un signal politique : malgré les turbulences que connaît la région, le Canada réaffirme la Tunisie comme partenaire prioritaire au Maghreb.

Pour les entreprises franco-québécoises présentes en Tunisie, comme CCSAV, c'est aussi un moment précieux : être identifié comme un acteur sérieux par les services commerciaux canadiens (Service des délégués commerciaux) ouvre des portes pour les missions économiques, la participation aux salons sectoriels et la mise en relation avec d'autres entreprises canadiennes intéressées par l'externalisation francophone en Tunisie.

Ce que les 60 ans signifient pour nos clients

Quand un cabinet comptable de Montréal, une PME industrielle de Lyon, un courtier d'assurance de Bruxelles ou une fiduciaire de Genève confie un mandat à CCSAV, il bénéficie indirectement de six décennies de coopération bilatérale :

En d'autres termes : les économies de 40 à 55 % qu'un client de CCSAV réalise sur ses coûts ne reposent pas sur un arbitrage froidement géographique. Elles reposent sur 60 ans de confiance institutionnelle patiemment construite entre Ottawa, Québec et Tunis.

Hommage à celles et ceux qui ont bâti cette amitié

Cet article serait incomplet sans citer quelques-unes des figures qui ont construit la relation. Côté tunisien : Habib Bourguiba, fondateur de la République et architecte de l'ouverture à l'Occident ; Beji Caid Essebsi, président de la transition démocratique ; les diplomates tunisiens qui se sont succédé à Ottawa. Côté canadien : Lester B. Pearson, qui a décidé l'ouverture de l'ambassade en 1965 ; Pierre Elliott Trudeau, qui a accueilli Bourguiba en 1968 ; les ambassadrices et ambassadeurs successifs à Tunis, dont Lorraine Diguer et Aladin Legault, à qui nous avons consacré un hommage spécifique, et aujourd'hui S.E.M. Alexandre Bilodeau, qui poursuit avec énergie ce travail diplomatique.

Côté entrepreneurial, beaucoup d'acteurs des deux côtés ont contribué à transformer les bonnes intentions politiques en flux réels d'affaires, d'investissements et de talents. CCSAV, à sa place, en fait partie depuis plus d'une décennie, en s'inscrivant dans une logique de respect du droit local, d'emploi formel et d'élévation des standards de qualité.

Une chronologie détaillée des 60 ans (1956-2026)

Pour bien mesurer la densité de cette relation, voici une chronologie commentée des grandes étapes, politiques, économiques, universitaires, qui ont jalonné la coopération Canada-Tunisie. Cette frise n'est pas exhaustive, mais elle donne la profondeur historique que peu de relations bilatérales en Afrique du Nord peuvent revendiquer.

Cette frise montre une caractéristique majeure : la continuité. Très peu de relations bilatérales en Afrique du Nord ont connu aussi peu de ruptures politiques. Aucun rappel d'ambassadeur, aucune crise diplomatique majeure, aucune sanction. C'est un actif inestimable pour les entreprises canadiennes opérant en Tunisie.

La dimension québécoise : un cas particulier dans la coopération Canada-Tunisie

Il est impossible de parler des relations Canada-Tunisie sans souligner le rôle spécifique du Québec. À bien des égards, la province francophone est le point névralgique de cette relation, pour cinq raisons.

Premièrement, la langue. Le français étant à la fois la langue officielle du Québec et la langue d'enseignement et d'administration en Tunisie, l'absence de barrière linguistique a accéléré tous les flux : étudiants, travailleurs qualifiés, professionnels, entreprises. Là où un Tunisien doit consacrer 6 à 18 mois à perfectionner son anglais pour s'installer dans une province anglophone, il peut s'intégrer immédiatement à Montréal, Québec, Sherbrooke ou Gatineau.

Deuxièmement, la structure des programmes d'immigration. Le Québec gère, en vertu de l'Accord Canada-Québec sur l'immigration de 1991, sa propre sélection des immigrants économiques (Certificat de sélection du Québec, CSQ). Cette autonomie a permis de calibrer des programmes attractifs pour les profils tunisiens : ingénieurs, informaticiens, comptables, professionnels de la santé. Le Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) puis le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) ont été massivement utilisés par la communauté tunisienne.

Troisièmement, les partenariats universitaires. Plusieurs universités tunisiennes ont signé des conventions cadres avec des établissements québécois. Cela inclut des cotutelles de thèse, des doubles diplômes, des programmes de mobilité étudiante, des chaires de recherche conjointes. CCSAV a contribué à ce mouvement avec ses propres conventions avec cinq universités tunisiennes, facilitant l'employabilité des étudiants en comptabilité, en gestion et en technologies.

Quatrièmement, le Bureau du Québec à Tunis, ouvert en 2014. Distinct de l'Ambassade du Canada (mais en coordination avec elle), il sert d'interlocuteur direct pour les questions de mobilité, d'investissement et de coopération institutionnelle entre le Québec et la Tunisie. Sa présence physique facilite considérablement les démarches.

Cinquièmement, la culture entrepreneuriale. Le Québec est, dans le Canada, la province la plus avancée dans le recours à l'externalisation francophone offshore. Les PME québécoises ont compris très tôt que la Tunisie offrait un compromis exceptionnel coût/qualité/proximité culturelle. CCSAV est l'un des acteurs historiques de ce mouvement, avec un modèle d'équipes dédiées intégrées plutôt qu'un modèle de pool externalisé indistinct.

L'éducation, premier vecteur des relations bilatérales

L'éducation a été, et reste, le premier vecteur de la relation Canada-Tunisie. Trois flux principaux.

Le flux étudiant tunisien vers le Canada. Chaque année, plusieurs centaines de jeunes Tunisiens entament des études supérieures dans des universités canadiennes. Les filières les plus représentées sont l'ingénierie, l'informatique, la gestion, la médecine et les sciences sociales. Ce flux est ancien : il a commencé dans les années 1970 et n'a fait que croître. Beaucoup de ces étudiants finissent par s'installer au Canada après leur diplôme, alimentant la diaspora.

Le flux de coopération universitaire institutionnelle. Cotutelles de thèse, doubles diplômes, chaires conjointes : des dizaines d'accords lient les universités des deux pays. Côté tunisien, on peut citer l'Université de Tunis El Manar, l'Université de Sfax, l'Université de la Manouba, l'IHEC Carthage, l'ISCAE Manouba, l'ISG Tunis, l'FSEGN Nabeul. Côté canadien : Université de Montréal, Université Laval, UQAM, Université de Sherbrooke, École de technologie supérieure, Université du Québec à Trois-Rivières. Plusieurs articles de notre blog détaillent ces écosystèmes universitaires tunisiens, comme l'IHEC Carthage ou l'ISG Tunis.

Le flux de formation professionnelle. Au-delà des cursus universitaires, le Canada soutient depuis longtemps la formation professionnelle en Tunisie via des programmes ciblés : formation de formateurs, équipement de centres techniques, partenariats avec les chambres de métiers. Le Canada considère que former des techniciens spécialisés est un investissement bilatéral à long terme, et il a bien raison.

La dimension économique et commerciale en 2026

Côté économique, la relation Canada-Tunisie a connu une transformation majeure ces dix dernières années. Là où elle reposait essentiellement, dans les années 1980-1990, sur l'aide au développement, elle s'est diversifiée vers le commerce et l'investissement direct. Trois secteurs émergent comme particulièrement dynamiques.

Les services numériques et l'externalisation francophone. C'est probablement le secteur où la croissance bilatérale est la plus rapide depuis 2018. Des dizaines d'entreprises canadiennes et québécoises ont mis en place des centres de services à Tunis, à Sfax, à Sousse. Métiers concernés : développement web et mobile, intelligence artificielle, automatisation no-code, comptabilité, ressources humaines, service client, télévente, support technique. CCSAV s'inscrit pleinement dans cette dynamique, avec un positionnement haut de gamme axé sur la conformité, la sécurité des données et la qualité humaine.

L'agroalimentaire. La Tunisie est le 4ᵉ producteur mondial d'huile d'olive et l'un des principaux producteurs mondiaux de dattes (notamment la fameuse Deglet Nour). Les exportations vers le Canada ont fortement augmenté depuis la signature de l'APIE. Inversement, le Canada exporte vers la Tunisie des céréales (blé dur en particulier), des légumineuses (lentilles, pois chiches) et des équipements agricoles.

Les technologies et l'ingénierie. Plusieurs sociétés canadiennes d'ingénierie civile, environnementale et minière sont actives en Tunisie. Et de plus en plus de startups tunisiennes obtiennent des financements ou des partenariats canadiens, dans la fintech, l'edtech, la healthtech.

Les coûts cachés évités grâce à 60 ans de proximité institutionnelle

Beaucoup d'analystes regardent uniquement les économies salariales directes qu'apporte le nearshoring vers la Tunisie. C'est passer à côté de l'essentiel. Les 60 ans de relations bilatérales évitent à un client canadien ou européen une série de coûts cachés qu'il subirait dans une destination moins mature.

Ces avantages, pris isolément, paraissent anodins. Cumulés, ils représentent des dizaines de milliers de dollars d'économies par an pour une PME, sans même parler des économies salariales.

Témoignage : pourquoi cette soirée a marqué notre équipe

« Représenter CCSAV à la soirée d'ouverture de la Semaine de la diplomatie canadienne, devant les drapeaux des dix provinces et des trois territoires canadiens, en voyant le ministre tunisien et l'ambassadeur du Canada ouvrir ensemble cette semaine historique, j'ai mesuré la chance que nous avons. Nous ne sommes pas simplement une entreprise québécoise installée en Tunisie. Nous sommes les héritiers de 60 ans d'amitié entre deux peuples. Cela donne envie de faire les choses encore mieux. » , Jihène Hammami, Directrice Générale de CCSAV en Tunisie

« Chaque conversation que j'ai eue ce soir-là avec des entrepreneurs, des diplomates, des universitaires, partait du même constat : la Tunisie et le Canada partagent une vision compatible du travail, de l'éducation et du respect mutuel. C'est ce qui rend notre modèle d'équipes dédiées francophones aussi puissant pour nos clients. » , Elyes Hamila, directeur de comptes, Outsourcing & BPO chez CCSAV

Questions fréquentes sur les 60 ans de relations Canada-Tunisie

Quand le Canada a-t-il reconnu officiellement la Tunisie ?

Le Canada a établi des relations diplomatiques avec la Tunisie dès la fin des années 1950, peu après la proclamation de la République en 1957. L'ambassade résidente à Tunis a ouvert en 1965, ce qui en a fait la première mission diplomatique canadienne au Maghreb. Source : Affaires mondiales Canada.

Pourquoi Tunis et pas Alger ou Rabat ?

Plusieurs raisons : la stabilité politique du régime de Bourguiba, son orientation francophone, sa modération diplomatique pendant la guerre froide, et l'absence de tensions historiques avec le Canada. Tunis offrait également une base régionale crédible pour couvrir d'autres pays du Maghreb depuis une capitale calme.

Combien de Tunisiens vivent au Canada en 2026 ?

La communauté tunisienne au Canada est estimée à plus de 30 000 personnes, dont une grande majorité réside au Québec, principalement à Montréal et dans la région de la capitale-nationale (Québec et Lévis). Elle se distingue par son niveau de qualification élevé et son intégration professionnelle rapide.

Qu'est-ce qui a changé après la révolution de 2011 ?

Le Canada a renforcé son soutien à la transition démocratique : financement de la société civile, appui au processus constituant, programmes de réforme du secteur de la sécurité, soutien aux médias indépendants. La relation bilatérale est devenue plus politique et moins purement technique.

Pourquoi CCSAV insiste sur cette histoire bilatérale ?

Parce que c'est la fondation invisible de notre modèle d'affaires. Sans 60 ans de diplomatie patiente, il n'y aurait pas eu d'APIE en 2008, pas de Bureau du Québec à Tunis en 2014, pas de mobilité étudiante massive, pas de diaspora active, pas de programmes universitaires conjoints. Notre proposition de valeur, équipes dédiées francophones en Tunisie pour les PME québécoises et européennes, repose entièrement sur cette infrastructure historique.

Conclusion : 60 ans, et après ?

Soixante ans, c'est l'âge d'une amitié mûre. Suffisamment ancienne pour avoir traversé les guerres froides, les chocs pétroliers, les transitions politiques, les Printemps arabes et même une pandémie mondiale. Suffisamment jeune pour se réinventer à chaque génération, comme l'illustre la Semaine de la diplomatie canadienne 2026 et son ambition de mettre l'écologie, l'égalité, l'innovation numérique au centre de la prochaine décennie.

CCSAV est honoré d'avoir pu, à travers la présence de Jihène Hammami et Elyes Hamila lors de la soirée du 8 juin 2026 à l'Ambassade du Canada en Tunisie, témoigner de cette histoire vivante. Nous remercions chaleureusement Son Excellence Monsieur Alexandre Bilodeau et l'ensemble de l'équipe de l'Ambassade pour leur accueil remarquable, ainsi que Monsieur Habib Abid, ministre de l'Environnement, et toutes les autorités tunisiennes qui ont fait de cette soirée un moment hors du commun.

Aux 60 prochaines années, et à toutes les entreprises, étudiants, familles et institutions qui les rendront possibles.

<small>Crédit photographique, Les photographies officielles de la soirée du 8 juin 2026 (ambassadeur S.E.M. Alexandre Bilodeau, ministre Habib Abid, podium, scène « 60 ans », composition florale, galerie des anciens ambassadeurs) sont la propriété de l'Ambassade du Canada en Tunisie. Source : Facebook @CanadaenTunisie et communiqué Kapitalis (9 juin 2026). Reproduction à des fins éditoriales avec attribution. Pour toute réutilisation, contacter l'Ambassade du Canada en Tunisie.</small>

Sources et références

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