Pénurie de main-d’œuvre : le Québec doit faire plus et mieux Aymen Labidi novembre 7, 2022

Pénurie de main-d’œuvre : le Québec doit faire plus et mieux

Pénurie de main-d'œuvre : le Québec doit faire plus et mieux
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Pénurie de main-d’œuvre : le Québec doit faire plus et mieux, L’ancien ministre des Finances et député libéral Carlos Leitao affirme que la pénurie de main-d’œuvre est devenue un problème économique majeur au Québec, un problème qui ne fait que s’aggraver et dont le gouvernement Legault ne semble pas se rendre compte.

  1. Leitao a appelé à uneapproche plus robuste et à court terme, avec un “plan complet et cohérent” pour faire face aux conséquences de cette pénurie de main-d’œuvre, qui ne peut qu’avoir un impact négatif sur le développement économique au cours de la prochaine décennie.

Dans une interview téléphonique jeudi, il a prédit, sur la base des dernières données de recensement publiées par Statistique Canada, que “nous nous approchons d’une situation très problématique”. Au Québec, 20 % de la population est maintenant âgée de 65 ans et plus.

Malgré les preuves, les protestations du milieu des affaires et le faible taux de chômage, il estime que le premier ministre François Legault persiste dans son discours de création d’emplois. Jusqu’à récemment, dit-il, le gouvernement ne pensait pas que la pénurie de main-d’œuvre était un problème.

Aujourd’hui, nous rappelle-t-il, le problème n’est plus de “créer des emplois” mais de trouver des personnes pour les occuper.

Lors d’une conférence de presse jeudi matin, puis lors des questions à l’Assemblée nationale, le député Robert Baldwin a appelé le gouvernement à doubler le recrutement de main-d’œuvre par tous les moyens possibles pour éviter que la crise ne devienne incontrôlable.

Lors de l’entrevue, M. Leitao s’est montré particulièrement inquiet pour l’avenir, compte tenu de la pyramide des âges, selon laquelle un grand nombre de travailleurs québécois âgés de 55 à 65 ans s’apprêtent à quitter le marché du travail.

Trop jeunes, car les jeunes qui arrivent sur le marché du travail ne pourront répondre qu’à une partie de la demande future. Le Québec prévoit qu’il y aura jusqu’à 1,4 million de postes à pourvoir d’ici 2030.

Il reconnaît les efforts du ministre du travail Jean Boulet, qui a récemment annoncé un certain nombre de programmes dans ce domaine, mais estime que “nous devons aller plus loin et plus vite”.

Le gouvernement devrait avoir trois priorités, dit-il : les régions, les femmes et l’immigration.

L’économiste et ancien banquier est particulièrement préoccupé par les régions, qui risquent de perdre leur vitalité en raison d’un manque de talents pour développer les économies locales. Selon l’auteur, la diminution de la population touchera de nombreuses villes de taille moyenne, dont Trois-Rivières et Saguenay.

La politique défectueuse du gouvernement en matière de garde d’enfants a également éliminé une précieuse main-d’œuvre féminine. Elle note que des milliers de femmes ne peuvent pas retourner sur le marché du travail parce qu’elles élèvent des enfants à la maison et ne peuvent pas trouver de services de garde d’enfants.

Le Québec doit faire tout ce qu’il peut pour créer sans tarder davantage de places en crèche, dit-elle. Nous sommes confrontés à une urgence, et dans une urgence, nous devons trouver de l’espace rapidement”, a-t-il déclaré, accusant le gouvernement d’être “déconnecté de la réalité” sur cette question.

En matière d’immigration, il a reproché au gouvernement de se concentrer sur les travailleurs temporaires plutôt que d’encourager les nouveaux immigrants à s’installer de façon permanente au Québec. “Cela n’a aucun sens”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il souhaite que le gouvernement se concentre sur l’immigration permanente “à grande échelle” tout en relevant le plafond d’immigration.

“Pensez-vous qu’une personne qui vient ici avec un permis de séjour de deux ans va s’intégrer si elle sait qu’elle doit partir au bout de deux ans ? Donc, si nous voulons migrer, si nous voulons nous intégrer, et nous le voulons, l’immigration temporaire n’y parviendra pas”, a-t-il déclaré.

En outre, nous devons trouver une formule qui encourage les migrants à s’installer plus souvent dans la région, un objectif général que tous les gouvernements n’ont pas réussi à atteindre par le passé, a-t-il déclaré.

Enfin, M. Leitao estime que le gouvernement doit s’appuyer davantage sur les allégements fiscaux accordés aux travailleurs expérimentés pour les persuader de retarder leur départ à la retraite. Sur le plan fiscal, a-t-il dit, nous avons besoin de “plus de courage et de vision” pour obtenir de véritables résultats dans ce domaine.